16/08/2010

134 - Plaidoyer pour un prisonnier

PLAIDOYER POUR UN PRISONNIER

Les êtres humains ont depuis toujours aimé tout régenter; que ce soit les villes, les gens, la nature ou les animaux.

Un jour, l’être humain a senti le besoin d’une compagnie autre que celle de ses semblables. Il a donc décidé d’adopter des animaux. L’animal de compagnie était né, mais, l’humain étant …humain, il se devait naturellement de lui imposer SA manière d’être et de vivre.

Eh! oui! L’être humain est ainsi fait; il a soif de pouvoir et de domination. Il lui était inconcevable d’avoir des animaux de compagnie en les laissant être…eux-même. Il se devait de les contrôler, les soumettre et surtout, leur enlever ce qui est essentiel à tout être vivant…la liberté.

Les perroquets n’ont malheureusement pas échappé à cette volonté de conquête. Victimes de leur grande beauté, l’humain a voulu posséder comme parure dans sa maison le plus libre des animaux de la création: l’oiseau. Quand il eut capturé l’oiseau, ce qu’il trouva de plus humain à faire fut de le mettre en cage. LUI, l’oiseau qui avait toujours eu des kilomètres de territoire à survoler On le voue à l’oisiveté perpétuelle, on lui impose des règles et des lois qui sont contraires à son instinct de conservation. Il doit pour survivre dans le monde de l’humain, renier sa culture, sa nature ainsi que ses modes naturels de communication. Tout ce qui lui est essentiel pour survivre en liberté est dénié dans le monde de l’humain.

Puis vient le moment où l’humain veut faire de l’oiseau SA créature. Il veut qu’il parle comme l’humain, qu’il mange comme l’humain et aux heures décidées par l’humain, qu’il s’occupe avec des jouets d’humain, bref, qu’il soit semblable à l’humain.

L’oiseau n’a aucun droit dans le monde des humains. Jamais il ne peut protester ou se plaindre de sa condition. Il doit être prêt à jouer et distraire l’humain quand ce dernier en a envie. Par contre, le perroquet qui a envie de jouer ou avoir un peu d’attention, se doit trop souvent de refouler ses envies sous peine d’être puni.

L’oiseau n’a pas le droit de revendiquer dans le monde des humains, il doit attendre le bon vouloir de son MAÎTRE.

Mais les perroquets sont des prisonniers récalcitrants. Ils sont rebelles et se souviennent trop bien du temps de la liberté. Alors ils développent en captivité des comportements qui leurs étaient jusqu'à maintenant inconnus : picage, obésité, agressivité, cannibalisme et névroses diverses.

L’ennui est le pire ennemi du perroquet! Que peut-il donc faire pour meubler ses journées, lui pourtant si actif dans la nature? Chez les humains, il n’y a rien à faire…rien!

Alors il observe, toute la journée, il observe. Sa vie est réglée comme en prison, au rythme des levers, des repas et des couchers. Il observe et attend son MAÎTRE. Il attend que celui-ci daigne bien lui accorder une petite heure dans la journée. Mais, que doit-il faire des 23 autres heures???



Alors, de grâce, vous l’humain qui lisez ces lignes, soyez indulgents avec votre perroquet. Aucune sentence n’est plus cruelle que la prison à perpétuité pour un être innocent.
SVP (animé)

(Écrit par Johanne Vaillancourt béhavioriste aviaire)

 

09:14 Écrit par Martine dans Divers | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

bonne journée martine que c est beau et tellement vrai! et triste à la foi! attendre le bon vouloir du "maitre" quelle phrase terrible ! à en avoir les larmes aux yeux merci pour tout ce que tu fais bizzzzzzzz de marie claire de seraing

Écrit par : marie claire | 24/08/2010

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